OÙ EN SOMMES-NOUS DES VOITURES AUTONOMES ?

Mardi 18 Octobre 2016 par Pierre CHAUCHOY

Les premières mises en oeuvre de ces fameux “véhicules autonomes” ont été faites en 2009 par Google. Depuis, de nombreuses sociétés (Tesla, Audi, Bosch…) se sont impliquées dans ce projet. Est-ce que ce système de pilotage automatique ou semi-automatique va, un jour, être présent dans tous nos véhicules ?

Quelles sociétés ont déjà créés des voitures autonomes ?

Une des plus grandes société au monde du véhicule à pilotage automatique et électrique, Tesla Motors, fondée en 2003 par Elon Musk, a produit jusqu’à maintenant trois véhicules électriques intégrant un système de pilotage automatique, la Berline Model S, Model X et Model 3.

Quant à Google, ayant entièrement conçu la Google Car après avoir utilisé leur algorithme sur des véhicules externes (Toyota, Lexus), la firme internationale effectue ses essais dans la Silicon Valley. La réglementation de la Californie a cependant imposé la présence d’un volant et de pédales dans les Google Car (initialement non implémentées), permettant au chauffeur d’intervenir à tout moment. Leur véhicule a malheureusement eu quelques 14 accrochages depuis 2014, mais le directeur du projet affirme que la voiture n’en est pas la source. L’algorithme de Google permet à ce jour de reconnaître les gestes des cyclistes, même dans l’obscurité, plutôt un bon point.

Le constructeur automobile Toyota travaille actuellement sur une IA (intelligence artificielle) qui serait donc implémentée prochainement dans leurs véhicules. La société effectue ses tests à Mcity, une ville dite “factice”, créée dans le but de tester les véhicules autonomes.

Ford prévoit le lancement de son véhicule autonome dès 2021 : la société investit dans des sociétés qui aideront à mener à bien leur projet : Velodyne, maître de la technologie LIDAR (Light detection and ranging), SAIPS, start-up proposant du traitement vidéo, Nirenberg Neuroscience, première société ayant réussi à décoder le signal entre les yeux et le cerveau et enfin Civil Maps, producteur de cartes en 3D.

Le constructeur automobile français Renault, a dévoilé en avril dernier son Renault Espace autonome. Équipé de capteurs d’ultrasons, de caméras numériques courte portée, de radars d’angle à portée moyenne et de scanners lasers, d’une caméra trifocale et d’un radar frontal de longue portée, ce véhicule révèle parfaitement la plupart des technologies utilisées par les voitures autonomes.

La législation française autorise officiellement, depuis le 3 août 2016, les tests de véhicules autonomes sur le territoire français ; ils seront effectués sur les véhicules ayant présenté une dérogation spéciale.

Quel est le but et quels sont les avantages de ce projet ?

Vous vous êtes probablement déjà trouvés dans un bouchon de type “accordéon” sur la route. Les algorithmes implémentés au système permettent de rendre la voiture intelligente et de se synchroniser parfaitement avec les véhicules qui l’entourent. Ce sera bien sûr plus efficace si toutes les voitures possédaient cet algorithme, mais ce n’est pas pour aujourd’hui.

Pouvoir faire autre chose que tenir son volant en conduisant reste l’un des plus gros avantages des véhicules autonomes. Cependant, il faut rester extrêmement vigilant.

Leur algorithme va permettre au véhicule de réagir plus rapidement qu’un humain ne le ferait, et ceci de manière considérable car un système ne sera pas autant affaibli par la fatigue que vous, bien évidemment.

Ces voitures pourront, par exemple, vous déposer en ville puis se garer plus loin, afin que vous n’ayez pas à chercher de place ou quoi que ce soit ; ceci diminuera aussi la nécessité de places en ville.

Les véhicules autonomes ont donc un but simple : mieux sécuriser la circulation, vous permettre d’être libre en conduisant et améliorer nos conditions de vie, comme le veut si bien, bien plus que l’argent, Elon Musk, le fondateur de Tesla Motors.

Alors pourquoi je ne vois jamais ce genre de véhicule ?

Si les projets des différentes firmes internationales progressent de jour en jour, il faut rappeler que la Berline Model S électrique (qui n’est pas une voiture dite autonome mais qui a un système de conduite automatique) de Tesla Motors a causé un décès : le conducteur n’ayant probablement pas respecté entièrement les règles, il n’a pas freiné lorsque la voiture a percuté un camion tractant un conteneur banc, confondu avec l’éclaircissement du soleil par l’algorithme du véhicule. La sécurité à bord est donc bien mise à l’épreuve et l’attention du conducteur doit pour l’instant, doubler de cadence. Google n’a pas encore commercialisé sa Google Car, et prévoit de parcourir plusieurs centaines de millions de kilomètres afin de rencontrer et de pouvoir s’adapter à toute situation avant de vendre son modèle. Après les incidents des voitures de Tesla Motors, la firme a annoncé une mise à jour de leur algorithme de pilotage automatique : ça nous rassure.

Le système devra faire face à un problème majeur : la sécurité. Oui, qui dit technologie dit sécurité engagée. Ce système fonctionnant pour le moment par des capteurs infrarouges, un hacker peut très bien simuler la présence d’un objet et ainsi perturber le fonctionnement du système. C'est ce qu’il s’est passé récemment, un chercheur en sécurité a réussi à détourner le système d’une voiture autonome simplement à l’aide d’un Raspberry Pi, mais fort heureusement que dans un but de tester le système. Il a ainsi pu stopper un véhicule simulant l’apparition d’une objet devant ses capteurs. Une raison bien assez évidente pour vous expliquer que la mise en circulation de ces véhicules n’est pas pour tout de suite.

Une mise en situation délicate demeure, imaginez un camion qui s’arrête net devant vous, un motard portant un casque arrivant à grande vitesse à votre gauche, et un autre sans casque arrivant à votre droite : avec l’algorithme, soit le véhicule effectue un bon coup de volant vers la gauche ou vers la droite afin d’éviter le camion et un choc frontal, mais percute l’un des deux motards, soit le véhicule freine mais percute le camion de devant ; en réalité, l’enjeu est tel que l’algorithme doit “choisir” l’accident le moins grave, celui causant le moins de dégâts humains. Il va donc y avoir du très gros travail afin de déterminer la réaction du véhicule dans ce genre de cas.

Les véhicules autonomes restent aujourd’hui simplement testés par des professionnels notamment avec la Google Car. Le pilotage automatique, utilisé dans les modèles de Tesla Motors, demeure une alternative aux voitures autonomes mais demandera aussi du temps afin d’être complètement autonome. Des inconvénients (la sécurité informatique, les cas de la route très particuliers, autonomie pas encore complète, etc..) retardent considérablement la distribution de ces véhicules au grand public. Les premiers véhicules autonomes seront disponibles à tous dans les années 2020 ; aurions-nous tous, comme aujourd’hui un téléphone portable (nouvelle technologie aux yeux de la génération d’avant), des voitures autonomes en 2050 ?

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